Suite à une vente de marchandise ou encore à la réalisation d’une prestation, il se peut que vous ayez des difficultés à vous faire régler (notamment avec des clients ayant des difficultés de trésorerie). Nous allons ici vous expliquer comment procéder à la comptabilisation de créance client douteuse et irrécouvrable.

Comptabiliser une créance douteuse

Une créance douteuse correspond à une créance effective, cependant, celle-ci rencontre des difficultés de recouvrement. L’entreprise n’est donc pas certaine d’encaisser la somme qui lui est due. Afin de garantir une image fidèle des comptes, il est donc nécessaire de constater cet incident dans les comptes.

Déductibilité de la créance douteuse

Il est important de rappeler que pour pouvoir être déductibles fiscalement la comptabilisation de la créance douteuse doit être justifiée notamment par de réelles difficultés de recouvrement. La difficulté de recouvrement peut se justifier par la réalisation de démarches amiables (lettre de relance) ou judiciaires. Pour plus de renseignements sur l’ensemble des démarches amiables et judiciaires pour recouvrir une créance vous pouvez consulter le site : https://www.litige.fr/articles/relance-facture-impayee

Ecriture comptable à enregistrer

Dans un premier temps on va comptabiliser une OD (opération diverse) afin de bien identifier la créance douteuse :

  • Crédit du compte 411 client concerné par la créance douteuse
  • Débit du compte 416 « clients douteux ou litigieux »

Dans un second temps, le risque d’impayé va engendrer la comptabilisation d’une provision pour dépréciation de créance client :

  • Crédit du compte 491 « Provisions pour dépréciation des comptes de clients »
  • Débit du compte 68174 « Dotations pour dépréciations des actifs circulants – Créances »

Le montant de la provision va varier en fonction du risque de non-recouvrement. Sur l’exercice suivant, si le risque de non recouvrement évolue, une provision complémentaire sera également comptabilisée.

Montant de la créancePourcentage de risque
de non recouvrement
Montant de la provision
100050%500

Au contraire, si finalement le client règle sa créance une reprise sur provision est à constater :

  • Crédit du compte 78174 « reprises sur dépréciations des actifs circulants – créances »
  • Débit du compte 491 « Provisions pour dépréciation des comptes de clients »

Comptabiliser une créance irrécouvrable

Dans certains cas, des créances sont amenées à ne jamais être réglées. C’est notamment le cas lorsqu’un de ses clients est en liquidation judiciaire et que son actif ne permet pas de faire face à son passif. On parle dans ce cas de créance irrécouvrable et en voici l’enregistrement comptable :

  • Crédit du compte 416 « Clients douteux ou litigieux »
  • Débit du compte 654 « Pertes sur créances irrécouvrables »
  • Débit du compte 44571 « TVA collectée »

A noter que pour récupérer la TVA antérieurement collectée, le 1 de l’article 272 du CGI précise notamment que la restitution de la TVA est subordonnée au fait de rectifier la facture initiale avec la mention : « Facture demeurée impayée pour la somme de …… euros (prix net) et pour la somme de ….. euros (TVA correspondante) qui ne peut faire l’objet d’une déduction (CGI, art. 272)« .

Dans le cas où la comptabilisation d’une créance irrécouvrable fait suite à une provision pour dépréciation des comptes clients, il ne faut pas oublier de réaliser ensuite une reprise sur dépréciation des comptes clients (écriture comptable que nous avons évoqué ci-dessus).

Pour soigner vos relations, il est également possible d’abandonner certaines de vos créances. Le traitement comptable et fiscal de l’abandon de créance est toutefois différent.

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